Déménagement du Casino de Montréal

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Près de 200 groupes de toutes les régions du Québec joignent leur voix aux personnes et groupes qui ont déjà signifié leur opposition au déménagement du casino à Pointe St-Charles. Ces groupes locaux, régionaux et nationaux réclament eux aussi une commission parlementaire sur les impacts d’un tel projet et ultimement, le rejet par le gouvernement du Québec de ce projet mis de l’avant par Loto-Québec.

Pour Karine Triollet, coordonnatrice d’Action-Gardien, «cette longue liste d’appui démontre que plus les gens prennent connaissance du projet de Loto-Québec, plus ils s’y opposent. Elle démontre également qu’il y a longtemps que la lutte a franchi les limites du Sud-Ouest de Montréal. Cela, le gouvernement du Québec doit aussi en prendre acte».

Des regroupements montréalais considèrent le projet comme une menace pour leur milieu.

Le Regroupement des organismes communautaires famille de Montréal qui rejoint, à travers 50 organismes de Montréal, un nombre important de familles et qui connaît les réalités et les défis auxquels elles ont à faire face quotidiennement, s’oppose au projet de casino à Pointe St-Charles ou n’importe où sur l’Île de Montréal. Si le gouvernement Charest n’apporte pas aux familles tout le soutien dont elles auraient besoin, il serait avisé de ne pas ajouter à leurs soucis en donnant son appui à ce projet de déménagement, précise Carol Gélinas, coordonnatrice du ROCFM.

Pour Jean-Yves Joanette, porte-parole de la TROVEP de Montréal, «le projet de Loto-Québec n’a aucun sens. Alors que les organismes communautaires montréalais constatent depuis plusieurs années une augmentation des problèmes sociaux dans l’Île, le gouvernement québécois ne devrait pas accorder son aval à un projet qui met tout sur la table sauf de véritables solutions».

Consommateurs, personnes à faible revenu, femmes, locataires rejettent le projet de la Société d’État

Le casino de Montréal a une vocation nationale. C’est pourquoi les centres de femmes de toutes les régions du Québec sont extrêmement préoccupés par le projet de Loto-Québec. Elles le sont d’autant plus que le jeu est une problématique de plus en plus présente dans les groupes de femmes. Loto-Québec ne peut nier que l’objectif de rapprocher le casino du centre-ville est d’augmenter la fréquentation. Plus de joueuses signifie plus de joueuses à risque ou pathologiques. Le gouvernement doit refuser de se faire le complice de cette misère, précise Josette Catellier, coordonnatrice de l’R des centres de femmes du Québec.

Pour Éric Bondo, porte-parole du Front commun des personnes assistées sociales du Québec, «les promoteurs du projet de Casino, minimisent sans cesse les problèmes sociaux potentiels évidents dans la communauté visée par le déménagement possible du Casino. Les statistiques sont pourtant éloquentes quant aux risques énormes que pose ce projet pour la communauté. Bien sûr, encore une fois, les promoteurs s'évertuent à démontrer une attitude de déni pathologique au nom de cette profitabilité sauvage qui fait toujours du tort aux mêmes: les personnes financièrement vulnérables».

Les associations de consommateurs ne sont pas moins inquiètes de la volonté de Loto-Québec. Pour Andrée Grégoire, coordonnatrice de la Coalition des associations de consommateurs du Québec, «Les casinos sont déjà des marchands de rêve qui poussent les gens à s’endetter pour acheter de l’espoir. Les gens se tournent vers les marchands de crédit, solution facile mais combien coûteuse. Déménager le Casino de Montréal au centre-ville simplement pour accroître les revenus au détriment des citoyens plus fragiles, c’est inacceptable, ajoute-t-elle.

Fermant la marche des porte-parole, le FRAPRU précise qu’il appuie les gens de Pointe St-Charles et de tout le Sud-Ouest. Si le gouvernement de Jean Charest veut investir dans la décontamination de ce site et dans l’immobilier, il doit le faire pour du logement social. Dans l’arrondissement, près d’un ménage sur cinq doit consacrer plus de la moitié de son revenu pour se loger. Les besoins sont urgents, particulièrement pour les familles et les personnes âgées à faible et modeste revenus.